Dans ce nouvel épisode du podcast Projetez-vous – format NeoLeaders, Mirvet et Faouzi explorent un thème central du leadership contemporain : la résilience. Derrière ce mot parfois galvaudé se cache une véritable compétence stratégique. Bien plus qu’une simple capacité à “tenir bon”, la résilience est une force d’adaptation, un état d’esprit et un processus de reconstruction face aux chocs, aux échecs et à l’adversité.
Dans un monde marqué par les aléas économiques, les changements climatiques, les perturbations organisationnelles et les crises sociales, la capacité à surmonter les épreuves n’est plus une option. Elle devient une aptitude clé de l’exercice du leadership.
La résilience : un concept issu de la psychologie
Le concept de résilience trouve ses racines en psychologie et en psychanalyse. Des figures comme le neuropsychiatre Boris Cyrulnik ou encore Serge Tisseron ont popularisé la notion de résilience comme capacité d’un individu à surmonter un traumatisme, des événements traumatiques ou un malheur profond, puis à reconstruire une vie digne et porteuse de sens.
Initialement associé au stress post traumatique, aux chocs psychiques ou aux situations douloureuses (deuil, maltraitance, catastrophes naturelles, attentats, tsunami, AVC…), le concept de résilience s’est progressivement étendu aux sphères organisationnelles, écologiques et communautaires.
Aujourd’hui, on parle de résilience organisationnelle, de résilience écologique, de résilience urbaine ou encore de résilience des systèmes. Mais au cœur de toutes ces déclinaisons demeure la même question : comment résister aux chocs, encaisser les revers et sortir plus fort des situations difficiles ?
Affronter l’adversité : le choix fondateur du leader
La vie professionnelle, comme la vie personnelle, est jalonnée d’obstacles. Certains leaders fuient les perturbations. D’autres décident de faire face à l’adversité.
Faire preuve de résilience, ce n’est pas nier les émotions négatives ni ignorer la vulnérabilité. C’est accepter la fracture, reconnaître les souffrances, comprendre les vulnérabilités et décider malgré tout d’agir.
Dans les contextes de crise – gestion de crise, gestion des risques, risk management, conduite du changement – le leader résilient ne cherche pas à éviter l’aléa. Il développe une capacité stratégique à résister au choc, à adapter son orientation stratégique et à assurer la résilience du système qu’il pilote.
Cette capacité de résilience n’est pas innée. Elle se construit. Elle se répète. Elle s’entraîne.
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Le processus de résilience : répétition et ancrage
La résilience n’est pas un acte ponctuel. C’est un processus de résilience. Chaque échec vécu, chaque revers professionnel, chaque situation difficile devient une opportunité de renforcer ses capacités.
Vivre un échec permet de rebondir, à condition d’en faire un apprentissage. La répétition crée l’ancrage. L’expérience développe la capacité à affronter les aléas futurs avec plus de stabilité émotionnelle.
Sur le plan neuropsychique, la résilience mobilise le cortex préfrontal (analyse, décision) et régule les réactions de l’amygdale liées au stress post traumatique. Des pratiques comme la pleine conscience, l’intelligence émotionnelle, le coaching et l’écoute empathique favorisent cette régulation émotionnelle.
Développer la résilience, c’est donc renforcer la confiance en soi, cultiver un optimisme réaliste et transformer les émotions négatives en moteurs d’action.
Résilience et agilité : un duo stratégique
Dans le management stratégique, résilience et agilité sont intimement liées. La résilience organisationnelle suppose la capacité à résister aux perturbations, mais aussi à ajuster rapidement la planification stratégique.
Dans un environnement marqué par les crises économiques, le changement climatique, les intempéries climatiques ou les chocs brutaux sur les marchés, l’entreprise qui survit n’est pas la plus rigide, mais celle qui fait preuve d’une grande résilience.
La résilience économique, la gestion des risques, la RSE, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la résilience des collectivités ou des communautés côtières face aux catastrophes naturelles relèvent toutes de la même logique systémique : résister aux chocs, assurer la continuité et reconstruire durablement.
Le leadership partagé et l’approche systémique permettent de renforcer les capacités collectives. Une organisation capable de résister aux perturbations est une organisation qui apprend, qui s’adapte et qui capitalise sur ses épreuves.
Connaissance de soi, attachement et vulnérabilité
La résilience personnelle repose aussi sur la connaissance de soi. Comprendre son environnement social, ses facteurs de protection, ses fragilités affectives et psychiques permet d’augmenter son niveau de résilience.
Les travaux en psychologie de l’attachement montrent que la sécurité affective renforce la capacité à surmonter l’adversité. Dans l’entreprise, le climat social, la confiance et la qualité des relations jouent un rôle majeur dans la résilience des équipes.
Un leader empathique, capable d’écoute empathique et de compassion, favorise un espace où les collaborateurs peuvent exprimer leurs émotions négatives sans crainte. Cette sécurité psychologique devient un facteur de résilience puissant.
La vulnérabilité assumée n’est pas une faiblesse. Elle est une preuve d’une grande maturité émotionnelle.
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Construire la résilience collective
La résilience des populations, la résilience communautaire ou la résilience des systèmes urbains montrent que la résilience n’est pas seulement individuelle. Elle est collective.
Dans l’entreprise, construire la résilience implique :
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renforcer les capacités des équipes,
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promouvoir la résilience par la formation et le coaching,
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développer les forces de caractère,
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instaurer une culture d’apprentissage continu.
Les acteurs collectifs qui font preuve d’une forte résilience partagent une vision claire, des orientations stratégiques cohérentes et un système de soutien solide.
La résilience organisationnelle repose sur des stratégies de résilience intégrées : anticipation, redondance des ressources, gestion proactive des risques, renforcement des capacités et planification stratégique adaptée aux aléas.
Résilience et reconstruction après un choc
Qu’il s’agisse d’un deuil professionnel, d’un échec entrepreneurial, d’une crise financière ou d’une perturbation majeure, le processus de reconstruction suit plusieurs étapes : accepter le concept de réalité, apaiser les émotions, analyser les causes, réhabiliter la confiance et projeter un nouvel avenir.
Surmonter ces épreuves demande du temps. Les souvenirs douloureux peuvent resurgir. Mais la pulsion de vie, l’élan intérieur et la capacité à faire face au stress permettent de transformer une épreuve traumatique en levier d’actualisation.
Être capable de rebondir ne signifie pas effacer le passé. Cela signifie intégrer l’expérience pour devenir plus adaptatif, plus conscient, plus solide.
Le leader résilient : posture et état d’esprit
Un leader résilient :
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accepte la réalité des difficultés,
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assume sa vulnérabilité,
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développe une intelligence émotionnelle élevée,
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encourage la pensée positive sans nier les faits,
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crée un environnement favorable à la reconstruction collective.
Il comprend que les échecs, les perturbations et les crises ne sont pas des anomalies, mais des éléments inhérents à toute trajectoire de croissance.
Sa force de résilience repose sur un équilibre entre fermeté stratégique et humanité relationnelle.
Résilience : une compétence clé du leadership moderne
Dans un monde marqué par l’anthropocène, les crises systémiques et les incertitudes globales, la résilience devient une compétence incontournable. Elle permet de résister aux chocs, d’assurer la continuité, d’améliorer la résilience du système et de renforcer leur résilience collective.
La résilience n’est pas un slogan. C’est une capacité stratégique, émotionnelle et organisationnelle. C’est une posture intérieure qui permet de transformer les épreuves en apprentissages, les revers en leviers et les crises en opportunités de croissance.
Développer la résilience, c’est choisir de ne pas subir. C’est décider de surmonter l’adversité, de sortir plus fort et de projeter un avenir plus solide.